Anti-âge, anti-rides : quelles différences et quels atouts?

 » Crèmes anti-âge et anti-rides font partie des produits phares du marché des cosmétiques. Qu’est-ce qui les différencie ?

Vêtue d’une blouse blanche, les cheveux d’un noir de jais et les yeux soulignés de khôl, Yolande Barat marche d’un pas vif sur le parquet grinçant de son institut de beauté grenoblois. Sous l’escalier, elle attrape à bout de bras un large panneau orné d’un schéma, le pose sur une commode et commence la leçon : « Ce qui nous intéresse en cosmétique, c’est l’épiderme. »

À 83 ans, dont 60 passés à exercer le métier d’esthéticienne, les cosmétiques restent sa passion. Elle a créé sa propre marque en 1994 et est convaincue de la nécessité d’utiliser des produits anti-âge. « On a besoin de ce type de soins dès 25 ans », assure-t-elle. Pourtant, l’efficacité des produits cosmétiques destinés à lutter contre le vieillissement, appelés tantôt anti-âge, tantôt anti-rides, demeure sujette à discussion.

 

Action globale ou profonde

Certaines marques différencient l’anti-âge de l’anti-rides, mettant en avant une action lissante en surface pour le premier et une action profonde et ciblée pour le second. Chez L’Oréal par exemple, ces termes désignent deux soins complémentaires. L’un cible par définition les rides et ridules, tandis que l’autre, multifonction, s’attelle à faire disparaître les taches, la perte de fermeté et de densité.

Mais pour Laurence Coiffard, professeure en cosmétologie à l’université de Nantes et co-créatrice du blog Regard sur les cosmétiques, « ce sont avant tout des crèmes hydratantes ». Et « une peau hydratée, c’est comme quand on cire des chaussures, ajoute Yolande Barat. Elle semble plus lumineuse et moins fripée », donc plus jeune.

Reste que les actifs intégrés aux formules en concentration plus ou moins élevée répondent aux problématiques propres à chaque peau. La vitamine C agit par exemple sur les ridules et la perte d’éclat en stimulant la production de collagène. « Pour un réel effet anti-âge, on choisit des soins avec un taux de concentration en vitamine C d’au moins 10% », précise Véronique Gassia, dermatologue à Toulouse. L’acide glycolique, conseillé à partir de 30 ans et présent dans de nombreux soins anti-âge, grignote les cellules mortes et accélère le renouvellement cutané.

Yolande Barat met particulièrement l’accent sur deux actifs : le collagène « car la peau en est composée à 75% et on en perd 1% par an dès 25 ans » et l’acide hyaluronique « qui empêche les cellules de se déshydrater ».

 

Des promesses qui « n’engagent que celles qui les écoutent »

En parcourant les rayons des parfumeries, on remarque que les actifs présents dans les soins anti-âge et anti-rides se rejoignent. « C’est surtout une manière d’englober davantage de consommatrices, estime Myriam, 30 ans et férue de cosmétiques. Je vois plus l’anti-âge comme de la prévention. Personnellement, je me fie plus aux actifs qu’aux appellations. »

Le terme ‘anti-rides’ est apparu le premier sur le marché aux États-Unis, en 1950. L’appellation ‘anti-âge’ ne fait son entrée dans le secteur que 30 ans plus tard. Technique de vente ou vraie différence d’efficacité ? Laurent Misery, chef du service dermatologie au CHRU de Brest est catégorique. « Je ne prends pas la peine de les différencier, pour moi, ce n’est que du marketing. » Sceptique, il assure que « les promesses des crèmes anti-vieillissement n’engagent que celles qui les écoutent ».

 

Un terme sans cesse renouvelé

Quelle que soit l’évolution du nom donné à ces produits remplis de promesses, le mythe du rajeunissement demeure bien présent sur le marché de la beauté féminine. Une quête qui s’explique facilement selon Camille Froidevaux-Metterie, philosophe et auteure de Le Corps des femmes. La bataille de l’intime (éd. Philosophie Revue). « Depuis la nuit des temps, l’existence des femmes a été conçue de façon relative aux hommes. Leur corps était ‘à disposition’, réduit à ses fonctions procréatrices et sexuelles. Il devait paraître désirable. »

En se focalisant sur l’âge dans sa globalité et non sur la ride, on intègre l’idée que « les signes du temps sur un visage sont illégitimes », reprend la philosophe. Plus nuancée que la philosophe, Myriam veut surtout croire que « les marques ont compris que les attentes des femmes ont changé. J’ai le sentiment que les femmes n’espèrent plus paraître 20 ans de moins, mais bien vieillir. Dans l’esprit collectif, la ride n’est plus un frein à la beauté. » « 

Par Pauline Boulet
Source : https://www.lexpress.fr/styles/soins/anti-age-anti-rides-quelles-differences-et-quels-atouts_2055094.html

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